Pink est surprenante. A commencer par son surnom qui ne vient absolument pas de sa délicate bien qu'assez artificielle couleur de cheveux. Ensuite, quand on la voit, tous poings dehors, on a du mal à imaginer que la punkette était destinée à l'origine à rejoindre la foule de chanteurs pour adolescents pré pubères des années 1990 ! Remarquée par le label de Babyface et L.A. Reid, la jeune Alecia Moore enregistre son premier opus "Can't Take Me Home", dans la veine du "Fanmail" de TLC. Sorti en 2000, il rencontre un succès immédiat (et là, on est déjà surpris de voir une petite blanche de Philadelphie s'imposer en R'n'B !). Sa réussite lui permet d'assurer la première partie de la tournée de N'Synk, le boys band de Justin Timberlake. Mais la petite est maligne, directe et impertinente et ne compte pas passer sa vie en idole teen pop. Sa participation à la reprise du très hot "Lady Marmelade" de Patti LaBelle avec Christina Aguilera (elle aussi sur le chemin de l'émancipation), Mya et Lil' Kim marque un virage dans sa carrière. Son album suivant, "Missundaztood", est sans aucun doute celui de la maturité. Avec l'aide de l'ex-4 Non Blondes Linda Perry, qui lui compose des chansons, mais aussi de Steven Tyler (Aerosmith) et de Richie Sambora, qui chantent avec elle, la belle trouve sa voix et son style. Et on est ébahi devant l'habile fusion rock fin années 1980 et hip hop, emballée dans une brillante production pop. Sans oublier les textes ciselés, qui font la part belle aux sujets personnels et douloureux. L'opus suivant, "Try This", écrit en collaboration avec le leader du très punk Rancid, enfonce le clou en aiguisant encore le côté rock de la chanteuse. A se demander ce qu'elle nous réserve pour le suite !